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 Et il ne sait toujours pas compter...? ~ Ivy

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Ivy Engel

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Messages : 27
Date d'inscription : 25/02/2017

MessageSujet: Et il ne sait toujours pas compter...? ~ Ivy   Lun 5 Juin - 22:26











Ivy Engel
Qui es tu ?

Ivy Engel est un garçon âgé de quinze ans et demi.  Il s'agit d'un semi-Immortel, appartenant au groupe des Déchus.  
Il est en possession d'un pouvoir, qu'on nomme "Jugement", par ironie. Elle permet à son possesseur de blesser son adversaire, juste en le pointant avec l'index. Ce pouvoir utilisant l'énergie vitale du possesseur, c'est donc sa vie qu'elle ronge. Chaque utilisation raccourcit la vie de l'utilisateur. De même, il est ardu de viser avec l'index, et si l'adversaire bouge en dehors de la zone visé, il ne sera plus touché. De même, chaque "tir" est fatiguant, voir douloureux. Des hématomes peuvent apparaître sur l'utilisateur. Le Jugement prive temporairement son utilisateur du goût, de l'odorat et du toucher au cinquième tir, de l'ouïe au neuvième, de la vue au quinzième, et l'évanouissement s'en suit au seizième. Tout en sachant qu'on met deux heures à recouvrer ses sens, et que la durée du coma est aléatoire.
Sa condition de Clef, qui permet aussi d'absorber les souffrances des mourants, pour alléger leurs âmes.
Il est officiellement terrorisé par l'affection, il est ainsi normal qu'il n'éprouve pas d'intérêt pour tel ou tel sexe d'un point de vu amoureux.
Il rêve que tout le monde puisse être heureux.
Sur l'avatar c'est Mafumafu - Utaite.




Ton physique ~

Regardez-le, avec son regard vide, on croirait voir un professeur d'allemand découvrant en début d'année de nouveaux élèves toujours plus nuls que permis. Il est si maigrichon qu'un coup de vent le ferait voler. Il porte ses vêtements n'importe comment, on dirait qu'il est passé tout habillé dans une tornade avant d'arriver... Il s'est trompé de taille pour sa veste ? On dirait une robe de nuit ! C'est un garçon ou une fille déjà...? Avec son air stupide, c'est certain que la seule chose qu'il fera, c'est balayer les trottoirs ! Renvoyez ce nain, il ne survivra pas !

Ivy, alias Porte-Poisse, Passe-Partout ou Animal de Poche, est un garçon âgé de quinze années, dont la seule prétention d'un point de vu physique, est d'attirer les filles à la recherche d'un hamster petit frère à câliner. Du haut de son mètre cinquante-deux, il ne faisait pas bien peur aux autres. Et c'est peu dire qu'il souffre d'un gros complexe sur sa taille. Et si tout s'arrêtait à sa taille, ça serait peut-être mieux... Car la nature a bien gâté le garçon, qui a hérité de la bouille enfantine de sa maman. Rajoutez donc à sa taille, ses joues rondes, et ses grands yeux innocents, et les doutes quant à son âge se font bien réels.
Bien que son régime alimentaire se compose principalement de sucre, Ivy ne grossit pas, à croire qu'il est condamné à rester un tas d'os malgré les pots de sucreries qu'il peut ingérer en cas de baisse de moral. Ceci est aussi probablement dû au fait qu'il ne mange généralement pas grand chose à chaque repas, et que son état de santé aléatoire consomme beaucoup d'énergie. En effet, souffrant d'une défaillance du système immunitaire, il enchaîne souvent des perte de conscience, et des états de fatigue chronique... Ceci n'étant pas pratique pour survivre ici. Pour cacher sa maigreur, il ne s'habille jamais avec des vêtements serrés, les préférant amples. C'est ainsi qu'il se promène avec des vêtements une taille au-dessus de la sienne, voir plus... Mais qu'importe : il se sent mieux ainsi.
Outre cela, l'adolescent ressemble plus à une poupée qu'à un humain. Sa peau est cireuse, et n'a pour couleur que celle des tomates du jardin dès qu'il se sent gêné. En dehors de cela, on pourrait le décrire comme "pâle comme la mort", ce qui s'accorde en effet bien avec son regard bêta, voir absent, qu'il arbore souvent. Au milieu de sa figure, un nez petit et retroussé, qui ne fait que mettre en valeur la rondeur de son visage. De part et d'autre de son visage, le voici affublé de deux petites oreilles rondes, enfouies sous une masse de chevelure étonnante. Les yeux d'Ivy, très légèrement en forme d'amande, sont d'un étrange bleu-vert, cerclé de cils corbeaux à faire pâlir les demoiselles. Leur couleur claire, inhabituelle, donne un aspect encore plus irréel, voir inquiétant à son visage. Sous son nez, on peut observer de fines lèvres roses, dont ne sortent évidemment qu'une montagne d'idioties. Cet adorable enfant est un idiot voyez-vous ?
Ses mains sont terminées par de longs doigts de pianistes, ce qui l'arrange plutôt, car Ivy adore jouer du piano. S'il ne s'abîme pas les doigts, pour éviter des désagréments en jouant, on trouve toutefois plusieurs marques sur ses avant-bras. Il les cache en portant de longues manches, ou sous des bandages. Mais il se trouve qu'il se scarifie. Pendant des périodes de mal-être profond, il lui arrive de le faire.
Son visage est encadré par une courte chevelure, remarquable par sa capacité à ne ressembler à rien, surtout le matin en se levant. Disposant de plusieurs mèches rebelles, il ne peut certainement pas se vanter d'une coiffure parfaite, et ce qu'importe s'il se brosse les cheveux ou pas. Et quel comique, quant à la moindre averse, sa tignasse finit tout ondulée ! Sa couleur capillaire originelle est le roux, héritage de sa maman, mais il a décidé de se les décolorer. Paraîtrait-il qu'il aurait ainsi l'air plus crédible, voir plus menaçant... Mais depuis quand une décoloration fait de lui quelqu'un à craindre...?
Mais Ivy n'est pas la réplique parfaite d'une espèce de poupée vivante, et cela, pas seulement pour son côté osseux, ou ses scarifications. Son dos est marqué de plusieurs cicatrices, et traces de brûlures antérieures à son arrivée en ville. Y toucher provoque des crises de panique de sa part, vestiges du traumatisme lié à ces blessures. Ne dormant pas beaucoup, car angoissé au possible et réveillé au moindre bruit, il dispose de gros cernes sous les yeux, donnant un air un peu effrayant à son visage déjà trop pâle. Son flanc droit est également barré d'une cicatrice, cette fois très récente, et encore fragile dû à la difficulté de cicatrisation rencontrée à cause du système immunitaire déficient d'Ivy. De plus, un de ses yeux est presque aveugle de naissance, ce qu'il fait qu'il n'y voit pas grand chose en fermant l'autre œil.
Ivy est un enfant silencieux. Il marche avec tant de précautions qu'on ne l'entend pas venir. Pas qu'il veuille être un fantôme, mais il a pris l'habitude, et ne s'en défait plus. Il parle assez bas également, et n'aime généralement pas les voix trop fortes. Pour les rares à l'avoir entendu, il chante très bien. C'est un peu son talent... En oubliant celui de s'attirer des ennuis, évidemment.




Ta manière de réfléchir


Rapport n°3456, rédigé par l'Observateur

Point 1

La première source de problème provient de sa tendance à fourrer son nez partout. Le sujet observé ne semble avoir que peu conscience du danger si c'est au prix de la connaissance. Il semblerait qu'il souhaite pallier à sa stupidité évidente. Malheureusement pour lui, son imprudence simplement pour comprendre des choses lui attire beaucoup de soucies. Je crois bien même qu'il est un aimant à problème. Même quand il s'agit de consulter un simple livre à la bibliothèque, cela finit n'importe comment.
Il se pose trop de questions. C'est absolument ce genre de personnes à abattre si on veut cacher quelque chose. Il passe sa vie à empiler des points d'interrogation, je crains fort que sa petite tête d'imbécile soit en constante surchauffe. Il est évident qu'il y recherche des réponses, mais les problèmes que ça engendre sont conséquents. Il a vraiment un don pour dénicher de mauvaises affaires.
Quoi qu'il en soit, ce n'est certainement pas sa malchance qui l'empêche de continuer sa quête de la compréhension. Cet enfant n'a pas froid aux yeux, aucun mur ne l'arrête.

Point 2

La principale raison de son obsession pour le savoir vient certainement de son côté naïf. Il ne connaît presque rien, du moins, rien qu'un enfant de son âge devrait connaître. Ah, tuer des gens, échapper à des poursuivants, et jouer aux échecs en live, il sait faire... Mais il est à craindre qu'il soit complètement ignorant en matière de contacts humains. Il a souvent des réactions improbables, stupides... En fait, il est imprévisible. Parfois, l'on songerait à une certaine réaction de sa part, et il trouve quelque chose d'extrêmement bête à faire. Saviez-vous qu'il était possible de fondre en larme quand on vous donne à manger ? C'est vraiment n'importe quoi.
Je n'aimerais pas être dans sa tête. Déjà qu'on y sent déjà le brûlé, alors imaginez ceci superposé à sa naïveté. Il raisonne de manière extrêmement ridicule, vous n'imaginez pas à quel point parfois...! Si on pourrait penser à un probable génie en matière de combat, ou en se référant à sa quête de la connaissance, il s'agit en fait d'un idiot, qui n'a aucune crédibilité. Un enfant de cinq ans a l'air plus malin !

Point 3 :

Ivy semble passer une bonne partie de son temps à rêvasser. Du moins, seul, il a souvent ce regard vitreux, un peu mort. On ne sait pas ce qui se passe dans sa tête, personne ne saurait dire à quoi ressemble ses rêves. Peut être s'y sent-il plus en sécurité qu'ici, dans la réalité. Vous savez, les enfants comme lui, ils passent leur vie poursuivis par des démons. On dit parfois que même leurs rêves n'en sont plus. Peut être est-ce vrai.

Point 4 :

Ivy est un enfant solitaire, et ce principalement à cause de ses lacunes sociales. Il ne semble pas aimer converser, et perd facilement le contrôle de lui-même. Il est évident que les contacts l'angoissent.
Toutefois, il est curieux de constater l'intérêt qu'il porte à observer ses comparses. On croirait presque qu'il veille sur eux... En réalité, il guette surtout leurs sourires. Il semblerait en tirer une certaine satisfaction. Qu'il est pathétique, que de songer que cet enfant inexpressif n'a même pas la foi de jalouser le bonheur des autres, qu'ils ont obtenus en piétinant des vies comme la sienne !

Point 5 :

Le cinquième problème provient de son refus d'aide. Il est commun qu'il aille jusqu'à agresser ceux qui se montrent trop gentils à son égard. Ceci n'est en rien contre les autres, seulement contre lui-même. Il considère que si il reçoit de l'aide, c'est parce qu'il est un incapable. Souvent, il peut recevoir cette aide à cause de son état de santé, qu'il ne peut évidemment pas contrôler. Mais cela le met quand même rudement en colère contre lui-même.

Point 6 :

Ivy est têtu. Ceci car il n'arrive plus à croire en rien ni personne. A cause de cela, il n'a ni amis, ni alliés, et fait son chemin seul. Quand bien même il peut avoir tort, il reste campé sur les mêmes idées. Il semble craindre qu'on l'induise en erreur à nouveau, et préfère se tromper seul, plutôt qu'encore se faire manipuler. Un problème de taille, et cette fois il en est conscient. Mais le comble, c'est que cet idiot ne change pas pour autant : il ne veut faire confiance à personne.

Point 7 :

Si il a des difficultés relationnelles, il est évident qu'elles ne proviennent pas que de sa nature introvertie et individualiste. Ivy est un grand paranoïaque. Il s'imagine toujours le pire, et a un peu peur de tout. Il se méfie toujours, et veut tout prévoir. Il ne se confie pas, et ne supporte pas d'exposer ses faiblesses. Il se considère comme un poids pour les autres, comme un faible, et il exècre cela. Il passe donc son temps à angoisser sur de nombreux sujets, qui ne nous viendraient parfois même pas à l'esprit, et finit par faire des psychoses pour trois fois rien. Il est incapable d'envisager les choses d'une manière un tant soit peu positive, voir même rationnelle, et s'imagine constamment le pire.
Élever le ton avec lui, c'est l'amener inévitablement à penser que vous aller le frapper ou le tuer. Ceci est donc plus ou moins dérangeant.

Point 8 :

L'adolescent semble tourné vers l'observation. Il passe son temps à regarder ce qui se passe, à surveiller, comme si il cherchait à tout noter à propos de vous dans sa tête. Il se sert principalement de ça, pour vous trouver des failles, sur lesquelles il pourra s'appuyer si jamais vous devenez menaçants à son égard. Il suffira simplement que vous l'agressiez, pour qu'à son tour il appuie sur un point sensible. Une sacré ordure, n'est ce pas ?
Mais le monde est cruel. Il faut bien survivre, non ? C'est donc une méthode de protection légitime...

Point 9 :

Dès qu'Ivy s'attache à un individu, il semblerait qu'il soit pris de cette étrange manie à devenir protecteur à un point parfois extrême. Il peut même aller jusqu'à mourir pour vous, sans hésiter, même si vous ne vous connaissez pas tant que ça. Il aura tendance à vous suivre partout, pour sortir de nul part dès que vous aurez besoin d'aide. De même, la pire ironie de l'histoire, c'est que cet imbécile tentera de vous éloigner de lui, mais accourra en premier pour vous aider en cas de problèmes. Quand on parlait de paradoxe...

Point 10 :

Si il y a bien une chose qui semble chagriner Ivy à propos de lui-même, c'est sa taille. La moindre remarque l'agace fortement. Il faut comprendre que ressembler à un pré-adolescent de onze ans, et en faire la taille, ce n'est jamais spécialement glorieux, surtout en considérant qu'il ne grandira plus. D'ailleurs, si vous ne le connaissez pas, que vous n'êtes pas sous sa protection, et que vous êtes un sans-gêne lui faisant remarquer, il osera vous démonter en public si il le faut. Quoi ? Comment ça vous n'étiez pas au courant que c'était un sauvage ?

Point 11 :

Si il y a bien une autre chose qui lui semble inconnue, c'est la notion de tact. Il peine souvent à remarquer si il vous casse les pieds, ou vous fait du mal. D'ailleurs, il est -conformément à ses difficultés en matière de social-, incapable de savoir comment agir en cas de débordement. C'est, semble t-il, un véritable boulet pour ce qui est de comprendre les autres et leur apporter du soutien d'une manière disons... conventionnelle.
Un de ses nombreux dons de catastrophe ambulante est d'enfoncer inconsciemment les autres en souhaitant les aider. Ce n'est vraiment pas volontaire, il veut vraiment aider... Mais c'est un boulet, donc évidemment, il ne fait pas de miracles.

Point 12 :

Il y a quelque chose d'évident à tirer de cette observation, c'est que le petit Ivy n'a aucune estime de lui-même. C'est donc évident qu'il en tire une certaine modestie, et rejette les compliments. Pour tout dire, il se déteste à un point incommensurable, il n'y a qu'à voir la haine qu'il met à lui met se tailler en pièces : c'est plutôt effrayant. Il refuse de se sentir plus faible qu'il ne l'est. Par contre, il aime bien jeter des fleurs aux autres pour rien. Il est vraiment complètement stupide...

Point 13 :

La grande passion du décoloré, c'est la musique. Il n'en fait jamais en public, mais s'arrête dès qu'il en entend pour analyser et profiter. Quand il s’exerce seul -souvent en s'infiltrant illégalement dans des conservatoires pour aller chopper un piano-, il aime bien s'assurer de sa tranquillité durable. Il est d'ailleurs souvent profondément vexé à l'idée d'être surpris en plein exercice. Pourtant, aussi étonnant que ça puisse être venant d'un tel idiot, il est doué.

Point 14 :

Quand bien même nous ne pouvons que nous accorder sur le fait qu'il est idiot, et semble se moquer ouvertement des autres, il aime beaucoup les aider. A vrai dire, cet enfant semble obsédé par l'idée de servir à quelque chose. C'est un bon moyen contre l'ennui, et dès qu'il s'agit d'aider, peu importe comment, il le fera de bon cœur. Quoi qu'il arrive, il viendra toujours en aide à quelqu'un qui en aura besoin, il ne refuse jamais d'aider.

Point 15 :

Perfectionniste, parfois à l'extrême, il ne se laisse aucune marge d'erreur. Il tolère très mal l'échec, surtout si il en est responsable. C'est pour cela qu'il prend souvent le temps de tout planifier pour passer à côté des erreurs. Malheureusement pour lui, étant un aimant à problème, il en va se soit aussi qu'il est un véritable boulet... Il fait tout le temps des erreurs. Un véritable cauchemar en somme.

Point 16 :

Parce qu'il est curieux, Ivy veut souvent tout savoir sur les autres, surtout si il a à les protéger. Par contre, il n'aime pas parler de lui. Il ne se considère lui-même pas comme une personne, et est un peu terrifié à l'idée de savoir ce qu'il peut être. Il se sent inexistant, artificiel. Il a du mal à considérer qu'il puisse être autre chose qu'un objet crée de toute pièce par les autres. Il n'arrive pas à savoir si ses sentiments sont les siens, ou si il a une identité définie. A vrai dire, à force de se considérer comme un objet, il a finit par perdre la notion d'individu pour sa propre personne.

Point 17 :

Bien qu'il le cache, ou le nie, Ivy demeure un enfant au delà d'un objet ou d'un criminel, avec une certaine sensibilité. Et comme tout le monde, il y a bien des choses qu'il craint. Il n'a pas peur de la violence, il en a l'habitude, voir presque besoin. Mais l'affection le terrorise. C'est quelque chose encore inconnu pour lui, inhabituel, et qu'il n'arrive pas à comprendre. De ce fait, il a bien plus peur que quelqu'un le prenne dans ses bras plutôt qu'on le frappe. C'est quelque peu étrange, il est vrai... Il a du mal à s'ouvrir aux autres, essentiellement de par sa maladresse, sa crainte, et son ignorance, mais il a aussi très peur de ce qui peut en découler, et qu'on le trahisse.

Point 18 :

Ivy n'est pas un enfant dénué de rêves et d'ambitions. Il en a très honte, c'est bien pour cela qu'il n'en parle jamais. Mais il a toujours voulut être un garçon normal, et comprendre toutes ces choses qu'il ne peut pas comprendre.

En réalité, il a juste l'habitude de se leurrer, par peur de se blesser et blesser les autres. Bien qu'il puisse essayer de progresser, ses efforts se soldent souvent par des échecs.
Mais il demeure un idiot. A éliminer.

Derrière l'écran, c'est qui ?
Maevis, ou Le Tank, beaucoup de balais, fonda' du forum. Vénérez Phochat. #PrésentationBaclée
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Ivy Engel

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MessageSujet: Re: Et il ne sait toujours pas compter...? ~ Ivy   Mar 8 Aoû - 23:29




Ta petite histoire ~


Nikolaï - 34 ans - membre de la section de recherche sur les Immortels

Aussi loin que je me souvienne, venir au travail n'a jamais été une partie de plaisir. Je ne sais même pas comment j'en suis arrivé à bosser ici. On reste emprisonné dans les sous-sols de la Capitale, dans des couloirs où plane sans arrêt le spectre de la mort. Je sais par cœur quels chemins ne pas emprunter, quelles portes ne pas toucher. Mes collègues et moi, nous sommes souvent arrivés ici pour éviter d'écoper de la prison. Pour se racheter, on travaille pour tuer des gens. C'est contre mes convictions, mais je n'ai pas le choix.
Depuis qu'on est gosses, on nous a enfoncé dans le crâne qu'il fallait éliminer les Immortels, et depuis, nous ne pouvons plus en voir sans avoir peur, sans être crispé, la main sur tout ce qui pourrait devenir une arme de défense. Parfois, 717 s'assoit près de notre bureau, et nous fixe. Il a un regard terrifiant, nous savons qu'il est un des leurs. Je n'ai jamais aussi peur qu'en croisant le regard de ce type. C'est encore un gamin pourtant, nous l'avons dressé pour qu'il tue pour nous, il a déjà assassiné un Immortel. Parce qu'il en a le pouvoir...
Paul me jette un regard soucieux, alors que 717 s'en va :
- C'est qu'un semi-Immortel, ça va.
- Tant que cette ordure aura même une goutte de sang de ces monstres, tu sais bien qu'aucun de nous sera en paix. ai-je lâché.
Nous le suivons des yeux, il fait encore mine de n'avoir rien entendu, et prend le chemin de la surface. Nous savons qu'il pourrait nous tuer comme il voudrait, que face à lui nous ne pouvions pas grand chose.
Une fois disparu, nous parcourons le couloir. Il fait froid en ce moment, il n'y a pas de chauffage. Les gosses tombent souvent malades, certains crèvent. On récupère souvent des fils et des filles d'assassins, ou des petits chenapans trouvés en trin de commettre un délit. Leur mort m'importe peu.
Nous nous arrêtons devant la dernière cellule, isolée des autres. On peut pas mélanger celui-là aux autres, c'est le 718ème. On l'a récupéré bébé, c'est son père qui nous l'a offert en échange de sa liberté. Quelque part, ça me rend triste... Si j'avais eu un père aussi salop, je me serais exprès pour le buter. Mais celui-là, ça ne lui viendrait pas à l'esprit. Il n'a pas de conscience, il obéit à tout ce qu'on lui dit, au doigt et à l’œil. Il demande rien, il parle presque aucun mot. On le nourrit mal pour l'entraîner à résister, mais cette saleté tombe toujours malade. On nous a refilé de la camelote. Quand on le frappe, il se plaint pas, quand on lui brise un os, c'est à peine si il pleure. Parfois, il se débat, et tente de nous mordre ou nous griffer, on dirait un animal. Il ne vit pas, il essaie juste de survivre.
Maintenant il a un peu plus de quatre ans. Il est bien plus petit et maigre que tous les autres ici, mais 717 soutient qu'il sera capable de tuer. Certes, il obéit bien, mais sa constitution laisse à désirer. Et plus qu'on l'entraîne, on le frappe surtout. C'est un semi-Immortel, on a le droit, c'est pas comme si il avait un quelconque droit de vie ici. On essaie juste de le faire dans le dos de 717 : toute façon, il pourrait tout juste nous renvoyer... et encore, si il a l'accord du patron.
Le patron, il voit cette larve comme une nouvelle arme. Il dit qu'il s'endurcira. J'y crois pas.
Parfois, je me dis qu'il faudrait faire comme avec le chien de Paul : faudrait l'euthanasier.

717 - 21 ans

Ce jour a un goût amer. J'ai l'impression de commettre un crime, d'emmener quelqu'un à l'abattoir. Non, en fait, j'oblige une autre personne à suivre mon chemin. On m'a désigné responsable de cela, et je ne peux y échapper.
Je pousse la lourde porte du fond du couloir, saisit par l'appréhension, et pénètre dans la pièce.
Aujourd'hui, 718 a cinq ans. Au même âge, je l'avais vécu moi aussi, et chaque année c'était pareil. Cela en serait de même pour lui. Nous nous approchons du bord, j'essaie de ne pas regarder le fond de ce trou où gisent ces mourants. 718 les fixe lui avec curiosité : il ne comprend certainement pas ce qui se passe. Depuis la surface, 716 le fixe, avec ses yeux vides, gémissant, ses veines ressortant partout sur son visage, formant un réseau de tuyaux violacés sous sa peau blanchâtre. J'ai oublié que c'était ma mère, ou je préférerais ne pas m'en souvenir.  
J'empêche 718 de descendre, l'obligeant à rester derrière moi, et lui sort ce même discours que j'ai tant entendu : "Dans le but de se débarrasser de ce fléau qu'est les Immortels, nous avons décidé de procéder à des expériences, pour comprendre l'origine de vos pouvoirs, et vous retourner contre ces démons. Aujourd'hui, tu es le 718ème, ne l'oublies jamais. Tu n'as pas besoin d'un nom, tout ce que tu es, c'est notre pion, un monstre comme ceux-ci, une larve sous nos pieds. Nous déciderons de ton destin, tu détruiras ces Immortels. Et si tu oses nous désobéir, ou si tu meurs, tu finiras prématurément au fond de ce trou, avec eux qui ne trouveront jamais la paix... Dans tout les cas, tu es condamné à finir avec eux. A toi de choisir quand tu voudras les rejoindre. Après avoir accomplit ta mission, ou en désobéissant...? "
718 reste imperturbable. Il tient mal sur ses jambes, on les lui avait brisé il y a trois mois, il vient à peine d'être capable de se lever, et on le ne ménage pas. Je lui ai déjà appris à tenir des armes, où étaient les points à viser pour tuer directement un adversaire. Il apprend vite, j'ai même peur qu'il devienne beaucoup trop puissant. Il n'a pas beaucoup de forces, mais il est plutôt rapide...
Il jette un regard vers moi, affichant pour la première fois une émotion : de l'inquiétude. A son regard, je pense avoir deviné qu'il a lu quelque chose dans ces regards. Je ne veux même pas savoir quoi...

Maoris - 15 ans - Fils de voleur

Depuis que papa a été exécuté en place publique, ma sœur et moi croupissons ici. Nous avons beaucoup maigris : ils ne nous donnent pas grand chose à manger. Ils ne débarrassent que rarement la cellule où nous sommes retenus, les cadavres s'entassent dans un coin, au milieu du sang et des besoins de tout le monde. Il fait extrêmement froid aujourd'hui, mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus.
Contre moi, Lya frémit. Je caresse tendrement ses cheveux blonds, tandis qu'elle sanglote, renifle, tremble. Pour nous garder en forme, on nous fait parfois marcher dans le couloir... Personne ne va au bout du couloir, personne ne s'approche de la dernière cellule. Nous savons que nous ne devrions pas le faire.
Un gardien arrive, ouvre la cellule, nous fait sortir un à un. Ma sœur reste collée à moi, tandis que nous déambulons en silence. Le dernier arrivé tente de s'échapper, est rappelé à l'ordre par un violent croche-pied, et des coups dans le ventre : il ne risque pas de recommencer. Nous nous arrêtons net en entendant le léger bruit de porte. Devant nous, il y a 717 et 718. Nous détournons les yeux. Aucun de nous ne veut croiser leurs regards.
En passant près de nous, 717 me pointe du doigt. Je recule, gémis, un scientifique m'attrape. Ma sœur hurle, et je n'ai pas le temps de comprendre ce qui se passe. Je fixe la blouse blanche du type qui m'a retenu, les chaussures de 717. Et puis, mon regard tombe sur la silhouette squelettique du 718ème, avec ses poignets écorchés, et un couteau tâché de mon sang dans sa main. Nos regards se croisent. Il n'a pas les yeux d'un enfant de six ans : il a les yeux d'une machine.

Lya - 10 ans - Sœur de Maoris

Chaque semaine, depuis maintenant deux ans, l'un de nous est tiré au sort, et tué. Le couloir est devenu rouge de leur sang. Nous y assistons impuissants, incapables de fuir. Le premier sang, la tâche originelle, elle est tout au milieu : c'est celle de mon frère. Et je ne peux oublier ce jour où j'ai croisé la mort à travers ses yeux de cadavre.
718 ne cesse de progresser : les assassinats sont toujours plus rapides et propres. Ceux qui résistent ne peuvent rivaliser. Il a le meurtre dans le sang, il est né pour ça, nous en sommes tous convaincus.
Il y a un an, un évènement s'est produit : 718 a été mélangé à nous. Très vite, nous l'avons isolé de l'autre côté, avec les cadavres. Nous piquons presque toujours sa ration de nourriture, le frappons, mais jamais quelqu'un n'a été capable de vraiment le tuer. On passe nos journées à lui répéter de mourir, à lui crier qu'il est un monstre. Il ne répond jamais rien, se protège simplement avec ses bras, son regard mort rivé au sol.
Il tombe souvent malade, mais on le traîne quand même pour qu'il s'entraîne. Parfois, il peut à peine se lever, et ces jours là, les hommes en blanc le frappent comme jamais on n'aurait osé le faire nous. Je crois qu'ils lui ont déjà brisé des côtes. Aucun de nous ne sait comment il peut encore être en vie.
Ces derniers jours, il a commencé à nous observer. Parfois, il essaie de nous rejoindre, de placer des mots mal articulés. Il nous écoute, il essaie de nous imiter. Nous le rejetons, nous éloignons, l'insultons, mais il nous suit toujours.
Aujourd'hui, il est encore pas loin, et c'est moi qu'il fixe, avec cet air un peu idiot, inexpressif. Il n'affiche jamais aucune émotion. Même quand il souffre, tout ce qu'il fait, c'est produire des sons. Et alors que je lui lance une énième insulte, un homme en blanc pointe son nez. Il attrape 718 : par les cheveux, encore. Ils font souvent des blagues, les hommes en blanc, parce qu'on l'appelle "Le Démon", et que ça colle pas mal avec sa rousseur. C'est un monstre, mais un démon, parfois, j'en viens à douter. Il n'a pas pour volonté de tuer, alors, ce n'est pas possible pour lui d'être un démon, n'est ce pas ?
Quelques minutes après, j'entends des hurlements, des reproches, étouffées par la porte. On nous ramène 718, il pleure, il tremble : il a peur. Il plaque ses mains contre ses oreilles. Son dos est marqué de deux marques ensanglantées... Aujourd'hui, ils ne se sont pas simplement contenté de lui donner des coups...

717 - 24 ans

C'est la troisième fois que nous venons devant ce trou. Une troisième fois un peu spéciale, étant donné que 718 a commencé à montrer des signes de défaillance. On se plaint qu'il se pose des questions quand à la justification de ces crimes, qu'il commence à plutôt bien parler, et qu'il commence à montrer des signes de mode de pensées plus complexes. Il ne cherche plus à survivre, et obéir. Il commence à réfléchir.
Je l'ai remarqué. Il n'attaque plus comme avant, il élabore des stratégies que je ne lui ai pas enseigné. Depuis que j'ai superposé ma personne et ce qu'il est, j'ai l'impression de revivre. J'ai testé de nombreuses drogues sur lui, des poisons aussi... Parfois, je le laisse se tordre de douleur pendant des heures avant de lui administrer l'antidote. J'ai tendance à le frapper, à me mettre en colère contre le point défaut dans sa manière d'agir. Je lui ai appris à s'excuser, il a appris à le faire à chaque occasion.
Dans son dos, il a maintenant plus de 18 cicatrices aux longueurs variables. J'ai peur qu'à force, son dos ressemble plus à un champ labouré qu'à autre chose. Il résiste bien à la douleur, il s'endurcit toujours plus. Mais au fur et à mesure qu'il parvient à maîtriser son corps, son esprit semble s'affaiblir.
Je répète le même discours que les autres fois devant le trou, et il fixe encore une fois les cadavres. Mais cette fois, son regard n'est pas vide. Il se tourne vers moi, et demande
"Si on peut les tuer, pourquoi on le fait pas, plutôt que les laisser souffrir ?"
Je reste pantois : je n'y avais pas songé. Je lui passe une arme, il s'ouvre sans hésiter une plaie pour avoir un peu de sang sur la lame. Je fais de même. Suite à cela, nous descendons dans le trou, et allons tuer les Immortels agonisants là. Je croise le regard de ma mère, lui souhaite bonne nuit, m'excuse, et l’envoi reposer en paix.
Une fois la tâche achevée, mon regard croise la silhouette du 718ème : il est prostré face à un cadavre, sanglotant, essuyant des larmes couleur ocre, qui ne cessent de s'échapper de ses yeux. Son visage est à moitié caché par sa chevelure rousse, sa peau se colore de cette couleur rouge terre. Je sais ce que cela signifie, je sais qu'il a ressentit leurs douleur, et que ces larmes ne cesseront pas avant un moment. Je me demande à quel point c'est douloureux, et 718 n'en a plus finit de pleurer.

Lya - 12 ans

Il y a un adulte parmi nous, un Immortel. Il a voulut tuer 718. Il l'avait soulevé, son cou entre ses mains, et si personne n'était intervenu, on aurait bien vite entendu le tout craquer.
717 avait donc attrapé 718, à notre horreur à tous, avait d'autant plus frappé le pauvre qui peinait alors à reprendre son souffle.
Ce matin, il est à nouveau avec nous. On a attaché l'Immortel. Ils se fixent, silencieux. Est-ce un mode de dialogues entre ceux qui ont du sang d'Immortels ? Finalement, l'un se met à parler, il crache au visage de 718, qui s'excuse simplement. Ils enchaînent sur une discussion sans queue ni tête, et aucun des deux ne semble non plus comprendre ce qu'ils racontent. Je désespère sur leur niveau intellectuel. Enfin, c'était pas comme si 718 était futé...
Je ne peux quitter du regard ces gros marques sur son cou. Cela lui fait comme un collier, un collier morbide. Et je ne peux m'empêcher de penser... "Et si cet homme l'avait tué, personne n'aurait été triste..." Oui, il était que dans ce monde, pour lui ou 717, il n'y aurait personne pour les regretter, honorer leur mémoire. Ils ne sont que des pantins, des monstres, dont on préfère oublier le visage.
Surtout que je le sens très mal pour 718. Depuis qu'il se pose des questions, depuis qu'il ressent la peur, et la tristesse, ils sont beaucoup plus violents. Son dos est un véritable champ de bataille, son corps couvert de bleus... Je me dis... Comment est-ce que quelqu'un qui ne connaît que la douleur, la peur, le froid, la faim, la haine et la tristesse voit le monde ? Qu'est ce qu'une vie sans affection ?

Charlie - 26 ans

718 a pété un câble. Il a pas arrêté de hurler toute la nuit, et de chialer sur le cadavre de l'Immortel qu'il venait de tuer. Il est bruyant, je crois qu'ils vont l'éliminer. Ils ont pris un fusil, d'autres ont pris de l'huile, et des allumettes. Je crois qu'ils hésitent entre lui mettre une balle dans le crâne, et le cramer vif. Un assassin qui a pété un plomb, ça ne leur sera d'aucune utilité... Ils n'auront qu'à en trouver un autre pour faire le 719ème...
Ils ouvrent la cellule, les mômes à l'intérieur ne bougent pas. Il n'y a que 718 qui les regarde, qui soutient leur regard. Il a les yeux de quelqu'un qui abrite toute la rancœur du monde.
"Pourquoi on fait tout ça ? Si ça rend les autres tristes, pourquoi on le fait ? Dans quel but ? Pour qui ?!" demande t-il.
J'ai pitié de lui. C'est nous qui l'avons crée, de toutes pièces. Il n'est qu'un échec de conception, nous avons faillit quelque part dans la recette. Non... Il est juste plus courageux que moi... Si ce n'est pas complètement inconscient.
J'attrape une allumette, l'allume sous le regard curieux d'un des Gardiens près de moi. Je laisse tomber l'allumette sur la blouse d'un des scientifiques, son collègue hurle. J'arrache le bidon d'huile, le jette sur les scientifiques, puis sur les gosses. J'attrape 718, tandis que les premiers touchés par les flammes hurlent de douleur.
Je ne le lâche plus. Je me baisse juste à sa hauteur, et lui murmure, jouant avec ses boucles rousses : "Tout ça, c'est entièrement ta faute"
Les gosses se serrent vers le fond, tentent d'échapper aux flammes qui avancent vers eux. Nous ne bougeons pas. Nous les regardons cramer, hurler, virer à un amas de chair noirâtre. J'oblige 718 à regarder, lui broyant les épaules, l'empêchant de détourner les yeux. Il hoquette.
Je l'entraîne ensuite plus loin, le jette par terre comme si il n'avait été qu'un vulgaire sac. Là, maintenant, je suis un traître, en quelques sorte. J'ai un possible alibi, mais rien ne certifie qu'il ne me trahira pas. Il me regarde, muet, tremblant. Il ne sait ni quoi dire, ni quoi faire. Normal : son monde entier vient de s'écrouler. Il ne connaît rien d'autre que cet endroit, il n'a jamais vu le monde. Il sera probablement incapable de vivre ailleurs. Quoi que... A dix ans, il y a peut être quelque chose à sauver, une possibilité de survie. Minime, certes... Surtout pour un Semi-Immortel...
L'épargner, ou le tuer ? Je n'ai que deux options. Le tuer, c'est éviter de me faire dénoncer, le laisser en vie, c'est lui offrir la possibilité d'être autre chose que moi. Mais quelque part... Je lui ai appris à tuer, il connaît toutes mes techniques, le moindre de mes gestes, leurs vitesse et leurs force. Il pourrait disons... me faire de l'ombre ?
Je l'attrape à nouveau : il ne se défend même pas. Il a l'air vide de toutes forces, dénué de tous ses repères.
"Tu veux continuer à vivre ?"
Il secoue la tête, l'air toujours aussi mort. Quoi ? Il veut cramer avec les autres ? Décidément, il est désespérant jusqu'au bout. C'est une vraie calamité, je ne sais même pas ce qui l'a maintenu en vie jusque là... Ouais, peut être qu'il est increvable. Il a une chance inouïe : celle de s'attirer des ennuis sans jamais pouvoir crever. Peut être bien que c'est un don... Ma foi, je pense surtout que c'est un genre de malédiction...
Je ne lui demande pas son avis, et je l'attrape par le bras. Là, je le tire jusqu'au bureau, un peu plus loin des flammes. la fumée commence à nous parvenir, 718 tousse. Faut que je me dépêche, ou on va finir tués par cette fumée débile. Je cherche du regard ce maudit tampon magique, que je retrouvé planqué dans le dernier tiroir du bureau. je m'empresse de l'attraper, le colle contre la paume du gamin, qui ne comprend évidemment rien. C'est pas comme si on lui avait déjà parlé des Déchus...
Puis, je le traîne au delà de cette porte qu'il n'a jamais passé. Il ne résiste qu'à peine : je crois qu'il ne comprend vraiment plus rien.
En haut de l'escalier, je le lâche. La lumière nous arrive en pleine poire, mais il persiste à regarder ce ciel au dessus de sa tête. Ah ouais, c'est vrai : il l'avait jamais vu. Il y a des nuages aujourd'hui d'ailleurs. Je m'éloigne, il s'accroche à mon pantalon, avachi sur les gravillons.
- P-Pourquoi ?!
- Je sais pas. Maintenant, lâche mon froc, je dois me casser de cette ville.
Ouais, peut être qu'en fait, il me fait juste pitié. Parce qu'avant tout, j'avais oublié que c'était un enfant, et que je lui avais volé de précieuses années. J'avais toujours songé qu'on était un peu les mêmes, mais maintenant, je sais que c'était faux. Lui, il est condamné. Moi, je dois avancer.
Alors j'avance.

Samantha - 33 ans - Commerçante

Les rues de la Capitale sont rarement jalonnés par des gens étranges... Du moins, pas aussi près du centre-ville. Mais aujourd'hui, quelque chose a attiré mon regard. Je suis là, à la vitrine à replacer les objets en vente, et derrière la vitre, de l'autre côté de la rue, il y a ce gosse rachitique, en trin de crever sur les pavés. Il bouge pas, tout le monde l'évite. Certains gosses le pointent du doigt, et leurs parents détournent leur attention.
J'attends pas plus, et je cours vers le gosse. Je m'agenouille à côté de lui : il a les yeux clos, et est affreusement pâle. Je crois qu'il est malade, il faut que je le ramène à l'intérieur. Il est bien trop fatigué pour bouger quand je le soulève, je crois même qu'il est inconscient. Je marche lentement vers la boutique. Ma collègue me jette un mauvais œil : je n'en ai rien à faire. J'emmène le gamin dans l'arrière boutique, l'allonge sur le canapé de la salle de l'autre côté. Il est vraiment affreusement maigre, sale, et les parcelles de peau nues sont marqués par des bleus, ou des coupures... Est-ce qu'il vient des quartiers mal famés de la Capitale ? J'aperçois une marque sur sa main. Un Déchu ? Ici ? La pitié me saisit : il a intérêt à quitter cette ville au plus vite si il ne veut pas mourir...
Je pense que je vais essayer de le garder ici aujourd'hui... Je lui paierai un peu à manger... C'est tout ce que je peux faire.

Eric - 56 ans - Agent de la police de la Garde

Ce matin, c'est à mon tour de patrouiller dans le quartier est. Je n'ai que très peu envie d'y aller... Traîner dans les rues un matin un peu froid, alors qu'on peut rester au chaud dans son lit, c'est un peu idiot ! Mais moi, je n'ai pas le choix... Il faut bien que je paie mon logement, et la nourriture.
Les boutiques commencent à ouvrir, mais les rues sont encore vides... Et silencieuses. Je bifurque, et aperçoit ce gamin poursuivit par un commerçant. Je n'hésite pas une seconde, saute sur le môme, le plaque. Il gémit, et j'ai entendu quelque chose craquer en lui sautant dessus. Le commerçant arrive, lui arrache des mains ce qu'il a volé. Je me relève pour recevoir ses remerciements.
- Merci monsieur. Ce sale môme est arrivé à toute vitesse, je l'ai même pas vu chiper mes affaires... Si vous n'étiez pas là, il serait déjà repartit avec l'objet de son vol !
- Je vous en prie, je n'ai fait que mon devoir.
Le gamin essaie de se relever, je l'attrape par le poignet, sert très fort. Les voyous de son genre, ils sont bons pour quelques punitions... Il a volé de la nourriture : typique des crèves-la-faim qui parasitent nos rues. Ils se plaignent de rien manger... tss... Si ils travaillaient, ils vivraient décemment. Les pauvres ne sont que des fainéants.
Je rejette l'enfant contre le mur. Il titube, parvient à rester sur ses deux jambes, contre le mur. Le commerçant s'avance pour le frapper, je le laisse faire. Ce môme a bien mérité tout ça. Et tandis qu'il se laisse tabasser, j'aperçois combien il ressemble à rien, sinon un tas d'os. Celui-là, il sera bientôt mort : tant mieux.

Mark - 22 ans - Bénévole aux frontières entre la Capitale et le Clan du Dragon

Il refuse qu'on le touche, fuit dès qu'on approche, et si on a le malheur de le toucher, il se met à pleurer, tremblant, se replie sur lui-même et perd toutes ses capacités de communication. On a tenté de l'attraper, de lui faire comprendre qu'on n'allait pas lui faire du mal, mais dès qu'on se montre doux, il panique et nous glisse entre les mains.
Ce matin, Bruce l'a coincé dans une impasse : il a tellement flippé qu'il a grimpé au mur -pourtant haut- derrière lui et est partit en courant. Et maintenant, il est assis, recroquevillé sur lui-même, silencieux, juste à côté de moi. Contre notre dos, il y a seulement le mur froid d'un des bâtiments de la Capitale. C'est étrange, il me semble avoir déjà vécu cette situation.
- Écoute, on peut pas te laisser dans cette ville, il faut que tu nous suives. On est pas sensés être là. Un monsieur nous a signalé qu'un Déchu traînait par là, et que la Garde te poursuivait. Si ils t'attrapent, tu sais qu'ils vont te tuer ? Et si tu te débats, ils te tueront sans attendre...
Il ne lève même pas les yeux vers moi.
- Ce n'est pas important...
- Si, c'est très important. On doit te sauver, c'est notre mission, tu comprends ?
- Pourquoi les gens ils répètent toujours "Vas crever" si vous devez me sauver alors ?
Je ne sais pas quoi répondre. Mon regard tombe juste sur son visage abimé, ses genoux écorchés, et son bras d'une étrange couleur (il s'est sûrement cassé quelque chose). Il semble trop faible pour s'en aller, je le sens. Il tremble légèrement, et la couleur de son visage me fait songer qu'il a probablement de la fièvre.
- Tu sais ce qu'est un Déchu ?
- Non. Je sais juste qu'ils veulent nous tuer...
J'attrape sa main, lui montre la marque sur sa paume.
- Un Déchu, c'est quelqu'un qui n'a pas de clan. Et toi, tu es un peu spécial, parce que tu as cette marque. Celle-là, elle veut dire que tu as trahis ton clan. Et si ils te trouvent, ils te tueront à cause de ça.
Il fixe mes mains à moi, silencieux. Puis, sa petite main attrape la mienne. Je ne sais pas ce qu'il fabrique, mais son regard crie quelque chose que je suis sûr de comprendre "Sortez moi de là".

Madeleine - 35 ans - Médecin bénévole à la frontière

Cela fait quelques semaines que nous avons accueillit cet enfant chez nous. Il ne parle presque pas, il reste toujours caché dans son coin, et dès que quelqu'un en blouse blanche arrive, il se met à pleurer et à trembler. Dès qu'on essaie de le toucher, il se protège... Avant-hier, il a essayé de se trancher les veines avec un scalpel... Il ne dort presque pas, prend peur de tout et n'importe quoi. Quand on lui hurle dessus : il a peur, quand on tente de le rassurer : il semble être encore plus effrayé.
On a essayé de le faire manger, mais il ne touche presque jamais à ce qu'on lui donne. Il a un peu grossit, mais il demeure toujours beaucoup trop maigre pour son bien. Nous l'avons plâtré, mais il ne se plaint jamais quand à ça : ni des douleurs, ni du tissu qui gratte. En vérité : il ne se plaint jamais. Il est peu bavard, maladroit, ne sourit pas, mais je suis certaine qu'avec un peu d'affection, il sera comme tous les autres enfants. Je suis convaincue qu'il n'a rien de méchant...
Maintenant, je rédige son dossier pour le transfert dans l'aile psychiatrique. Avant de le relâcher, et d'essayer de l'intégrer dans le Clan du Dragon, nous nous devons de calmer ses angoisses. Il y a vraiment beaucoup de boulot... J'aimerais aussi qu'ils lui offrent la possibilité de rechercher une famille d'accueil, mais les premiers villages du clan sont si loin...
Mark entre alors, certainement pour prendre des nouvelles de nos protégés. Avec lui, il a un homme adulte, en apparente bonne santé, mais qui se plaint d'une douleur au bras. Je les laisse s'installer plus loin, et me remets à travailler. Je n'entends même pas Mark commencer à hausser le ton, jusqu'à ce qu'un cri résonne.
Je me lève, persuadée qu'il s'agit d'un des blessés qui a mal, et aperçoit Mark, avec l'homme armé d'un couteau, sur lui. Entre eux, il y a une tâche de sang. Dans le cou de l'inconnu, il y a un de nos scalpels. Et il y a cet enfant, qui retire le scalpel. Il se tourne vers moi, lâche l'arme qui tombe par terre. Mark se débarrasse du cadavre, balbutie :
- C-C'est... Ne lui en veux pas Madeleine... Il allait m'égorger, sans lui...
Ce n'est pas ce qui m'inquiète. A côté, le petit s'est mis à pleurer... Pleurer des larmes ocres. Personne n'a osé dire un mot suite à cela.

Mark - 23 ans

Nous nous présentons devant l'entrée de l'hôpital psychiatrique pour mineurs. Je sonne, on ouvre immédiatement. La personne qui nous a ouvert est un jeune professeur, qui exerce ici pour donner des leçons aux jeunes. Il sourit au gamin, qui recule, se cache derrière moi l'air apeuré.
- Il a un peu peur de tout et n'importe quoi, comme je vous l'ai dit... Je crois qu'il a besoin de temps... De beaucoup de patience de votre côté... Il n'est pas méchant, ce n'est pas lui qui vous causera des ennuis... Mais veillez à ne pas trop le déstabiliser...
Je m'agenouille près de lui, lui explique qu'il va rester là quelques temps, et l'emmène à l'intérieur. Il a l'air perdu, regarde partout sans savoir où se mettre. J'aperçois plusieurs jeunes filles internées venir vers nous, toutes souriantes. Je sens déjà qu'elles l'ont adopté. Elles s'extasient devant l'air extrêmement juvénile du nouvel arrivant, demandent presque un câlin etc. Je suis convaincu que le petit va s'intégrer... D'une manière ou d'une autre.
- Bon, les filles, je vous le laisse. je compte sur vous pour bien l'intégrer au groupe !
Elles hochent joyeusement la tête, et l'entraînent dans les couleurs. Le gamin me lance un regard paniqué, et je lui fais simplement un léger signe de la main. Il va s'en sortir... non ?

Edwig - 14 ans - Patient

Après plusieurs matinées à simplement se lever, pour espérer voir une journée un peu plus étrange, drogués par le mana apaisant des soignants, nous avions enfin obtenu de la distraction. Il y avait peu de roulement de groupes, et peu d'arrivées isolées. Celle-là, elle était spéciale.
Paola et Emma étaient les premières arrivées, pour nous parler du nouvel arrivant. L'une semblait inquiète, tandis que l'autre s'extasiait surtout sur la plastique du nouveau. La seconde n'avait cessé de piailler sur le fait qu'elle avait toujours voulu un petit frère, et que c'était comme un rêve qui se réalisait. Et elle avait fait un de ces discours sur ses joues... Sérieusement, c'était quoi son délire avec les joues de hamster à celle-là ?
J'avais surtout écouté la première, qui nous avait fait part de l'étrangeté du nouvel arrivant. Apparemment, en voyant les soignants avec leur blouse blanche, il avait cherché à fuguer, à se cacher, et avait finit par être coincé dans un coin d'un pièce. Elle l'avait entendu supplier pour qu'on le frappe pas. Et elle, elle ne parlait que du bandage sur son bras, de ses cernes, cet air maladif qu'il avait, de se tenir comme si il allait s'écrouler. Elle avait également dit qu'il avait encore quelques marques de coups, et qu'il venait tout droit du centre de secours à la frontière. Un gamin de la Capitale qu'ils avaient récupéré avant qu'on ne le tue.
C'est donc jusqu'à cet après-midi, que nous avons dut attendre. Nous sommes en cours de mathématiques, avec notre professeur, et on s'ennuie beaucoup. Nous sommes seulement sept à être hospitalisés, pour des raisons diverses, mais n'excusant à aucun d'échapper à l'enseignement. La porte s'ouvre sur une soignante -qui a ôté sa blouse-, qui tient par la main un gosse tellement petit et chétif qu'on ne lui donnerait que sept ou huit ans.
- Bonjour. Du coup, je viens vous amener un nouveau camarade. Soyez gentils avec lui s'il vous plaît... Il n'a pas eu la vie facile jusque là, j'aimerais que vous l’intégriez. Il ne parle pas encore, je pense qu'il ouvrira la bouche quand il sera habitué à votre présence.
Emma se lève, toute excitée.
- Il a quel âge ?
- Onze ans, environ, elle sourit à l'air étonné d'Emma. Quand les enfants sont mal nourris, ou souvent blessés petits, ils ont souvent des problèmes de croissance. Vérifiez juste qu'il mange bien, et il devrait rattraper quelques centimètres.
La porte se referme, le professeur indique au nouveau d'aller s'asseoir à côté de moi. De près, je le réalise mieux maintenant : il est vachement petit pour son âge quand même. Il ne parle pas, il baisse les yeux, il ne bouge qu'à peine. Je lui fais peur ? Enfin... Si il est ici, c'est pas pour rien. Et parfois, vaut mieux pas savoir pourquoi...
- Sinon, moi c'est Edwig. Et les deux filles derrière, ce sont Paola et Emma. T'inquiète, maintenant tout va aller mieux.
J'essayais d'y croire du moins...

Solange - 31 ans - Aide Soignante

Depuis l'arrivée de cet enfant, l'ambiance calme du lieu a bien changé. Les autres enfants n'avaient pas été des cas aussi difficiles. Le petit nouveau nous vient de la Capitale, il n'a pas de nom, on sait juste qu'il a onze ans, que c'est un Déchu, et qu'il a été salement traité. La première fois que je l'ai vu, et emmené en classe, je n'avais pas ma blouse, je n'avais donc pas cerné le problème. Mais dès qu'il m'assimila de par cette veste blanche aux autres aides soignants, il commença à me fuir comme la peste.
Il se cache dans les placards, grimpe sur certains meubles pour nous échapper, et peut même se montrer agressif à nos égard. La nuit, il dort par terre, il est incapable de manger à table, et on ne le croise que rarement avec de la nourriture. Si on a le malheur de le coincer, c'est presque si il ne nous saute pas à la gorge, et si il est plus affaiblie, il se recroqueville juste sur lui-même en tremblant, comme si on allait le frapper.
Par apport aux interactions avec les autres, il les fuit aussi. Il a pris peur de Paola et Emma, qui se sont désintéressées ou ont elles même prises peur de lui. Malgré cela, il reste toujours sagement à côté d'Edwig en classe. Il faut dire qu'Edwig ne le force pas à parler, ne tente pas de le toucher, et se contente de peu.
Depuis son arrivée, il ne s'est jamais plaint. D'ailleurs, il n'a toujours pas parlé. Il pleure rarement aussi, et ne semble souffrir d'aucun manque. Avait-il seulement quelqu'un, au dehors ?
Aujourd'hui, nous organisons une partie de football dans la jardin. Le gamin aux cheveux roux est resté sur la touche, et personne ne s'en soucie plus. Je crois qu'il s'est auto-exclu du groupe... Est-ce mauvais ? je n'en sais rien...
La partie est interrompue par le malencontreux tir d'un enfant en plein dans la face du nouveau. Celui-ci ne dit rien. Il s'excuse à mi-voix, comme si il était incapable de faire autre chose que chuchoter. Et il baisse encore les yeux, comme à deux doigts de pleurer.

Edwig - 15 ans

Cela fait presque un an que le nouveau est avec nous. Et en fait, cela m'attriste qu'on l'appelle "le nouveau". On nous a suggéré de lui trouver un nom, mais les autres ont vraiment peur de lui maintenant. C'est vrai qu'il agit bizarrement. Il a peur de tout, il parle pas beaucoup, et surtout, si il ouvre la bouche, c'est pour chuchoter si bas, que même à côté on ne l'entendrait qu'à peine. Et à l'aube de l'arrivée d'un nouveau groupe de patients, je m'inquiète.
Je lui ai demandé de me suivre à la bibliothèque, je lui jette un livre : il l'attrape, se le prend en pleine figure, s'excuse, le ramasse... Je sais qu'il vient à peine d'apprendre à lire. je veux me servir de ça. C'est tout. Je lui demande de m'asseoir, me pose à côté de lui.
- Tu peux lire ça ?
Il ne comprend pas trop, mais obéit. J'en profite pour l'arrêter, le corriger, lui expliquer des choses. Il me laisse faire, ne parle que pour lire quand je le lui demande. En fait, je crois qu'il n'a pas vraiment de conscience propre : il obéit au doigt et à l'oeil, sans se poser de questions. Je l'oblige donc à fermer le livre.
- En fait, t'as un gros problème. T'as pas de vie en fait. T'sais, j'crois que je dois faire de toi quelqu'un. On va commencer par te donner un nom, et ensuite, tu vas bien retenir tout ce que je vais t'enseigner, ok ?
Il hoche évidemment la tête. Il sait pas dire non toute façon. Ça me rend triste, j'ai vraiment envie de l'aider. J'attrape le livre, l'ouvre à une page au hasard.
- Tu vois cet arbre ? Dans la langue des elfes, on prononce son nom Ivy. C'est un nom tiré au hasard, bien sûr, hein, pas un vrai prénom. Mais j'ai pas envie de t'appeler par ta taille ou ta couleur de cheveux pour toujours.
Ouais... C'est ce jour-là que je suis devenu ami avec Ivy.

Sanae - 17 ans

Du groupe précédent, il ne restait que deux garçons. Edwig et Ivy. L'un était amical. C'était un elfe, rieur, qui avait emmené ici pour une cure afin de le détacher à jamais de la drogue. Il était super jeune pour ça... J'ignore comment il en est arrivé là... Le second est muet. Il bouge pas, il nous regarde pas, il parle pas. Ses cheveux roux sont trop longs, ils cachent ses yeux.
Avec les autres, pour évacuer notre mal être, on trouvait pas de solution. Le mana apaisant, ce n'était rien face à nos idées suicidaires, ou meurtrières. Alors quand il est arrivé, qu'il a renversé le pichet d'eau près de nous, s'est excusé, a commencé à ramasser les bouts de verre sans s'inquiéter de se blesser, nous en avons profité. Tout serait de sa faute. Il dirait rien, vu qu'il parle pas. On a juste à se venger sur lui quand Edwig n'est pas là, et en plus, il a promis de ne pas se plaindre.
On l'accuse de tout et de rien auprès des soignants, qui de toute évidence, l'ont déjà pris en grippe. Il se fait souvent punir, sermonner, et il ne dit rien. Il a promis de ne rien dire.
C'est qu'un idiot, on en fait ce qu'on veut.

Edwig - 16 ans

Ivy a treize ans maintenant. Il a beaucoup grandit depuis son arrivée, bien qu'il soit toujours ridiculement petit pour un garçon de son âge. Il commence à avoir des expressions, il parle un peu plus fort. Et surtout, il parle plus. Pas avec les autres, mais avec moi, il discute presque normalement... Du moins, comme il peut. Il tombe souvent malade, mais il fait toujours de son mieux pour prétendre aller bien. Cela me rend un peu triste, mais on n'y peut pas grand chose.
Au début, je le prenais juste pour un idiot, mais en fait, il est juste un peu ignorant. Il n'est pas le plus futé, ne le sera jamais, mais je ne pense pas qu'on puisse le taxer d'imbécile. Il apprend vite, très vite : il enregistre tout ce qu'il voit et entend qui l'intéresse. Et... Je dois avouer que je m'y suis attaché. Avec tous ses efforts, je pense que j'ai trouvé un ami. Il ne laissait personne le toucher, et je suis devenu une exception. Je suis le seul qui peut lui ébouriffer les cheveux pour le consoler. Il fait beaucoup de cauchemars, et ne dort pas, ou peu, la nuit. Certaines nuits, quand il est malade, je l'invite à dormir avec moi, et alors, il se pose à côté de moi, et attend que je m'endorme pour fermer les yeux. Je dois avouer que je suis fier de ses progrès.
Je lui ai appris à faire du piano, et à chanter. Il est très doué. Dès que je lui montre un nouveau morceau, il ne met que peu de temps à le reproduire et l'apprendre. Par contre, je ne lui prête pas souvent ma guitare : il a tendance à être trop maladroit avec, et ça fait un son terrible.
L'après-midi, on se pose simplement dans la bibliothèque, et on joue. On a pas besoin des mots, c'est juste bien comme ça. Et à ces moments là, on est les mêmes, plus rien ne nous sépare. Je n'ai pas besoin d'en savoir plus sur Ivy que ce que j'ai vu et voit, je n'ai pas besoin de le voir heureux, de le voir agir comme un garçon normal. Je sais qu'on est trop différents, mais quand on joue comme ça, j'ai l'impression que ce qui nous résume, c'est simplement des émotions. Des émotions qu'il ne connaît pas encore, mais que j'aimerais lui faire découvrir. Parce qu'il a tant à apprendre...
- Tu vois Ivy, même si les gens sont méchants entre eux, c'est pas comme si on devait l'être aussi. L'important, c'est de comprendre que chacun à ses raisons de faire le mal ou le bien. Il ne faut pas blesser les autres, cela n'apportera jamais rien de bon... Les meurtres n'apportent que la douleur, tu ne dois jamais arriver à ça, pour aucune raison...
Je me lève, lui attrape une main.
- L'important Ivy, ce n'est pas la force que tu as, ce n'est pas si tu pleures beaucoup ou non, c'est l'énergie, la ferveur que tu mettras pour protéger et aider les autres. Parce que la vraie force, c'est ça. Quoi qu'il arrive, tu dois te servir de cette force pour éviter à tous ceux que tu croises de souffrir. Peu importe combien de fois tu dois tomber, plus tu te relèveras pour protéger les autres, plus tu seras fort.


Edwig - 16 ans

Ivy n'a pas aimé que j'embrasse une fille sans sentiments. Il a dit que je lui avais fait du mal. Je comprends un peu... C'est vrai... Mais c'était juste pour rire quoi... Nous nous sommes très vite réconciliés. Il pardonne trop vite, je trouve. Mais il n'a que treize ans, il a le droit d'être naïf encore... Ce serait triste sinon...
Je lui ai parlé de mes rêves, on s'est attardés sur des sujets idiots. Je lui ai parlé du ciel, de tout ce qu'on pourrait faire sortis d'ici. Parce que le monde n'est pas si moche, au final... On peut vivre une belle et heureuse vie. Et je suis sûr qu'Ivy trouvera aussi le bonheur.
J'en étais convaincu, jusqu'à ce matin.
Ils ont frappé à la porte, menaçant de mettre le feu au bâtiment, si on ne leur livrait pas tous les Déchus ici. Ils, ce sont la Garde. Le Clan du Dragon vient de leur vendre des terres aux frontières. Cela fait longtemps qu'ils grappillent du terrain, mais je n'avais jamais imaginé que cela en arrive là. Jusqu'à ce qu'ils emmènent Ivy et quelques autres. J'ai essayé de les en empêché, j'ai fait tout ce que j'ai put, mais ils me retenaient, ils ne voulaient pas que je les rattrape.
Et Ivy, il s'était mis à pleurer, il voulait pas partir, il ne voulait pas que je le laisse m'en aller, il ne voulait pas que je parte. Je le savais bien, et pendant qu'on luttait tous les deux, ils nous éloignaient l'un de l'autre toujours plus. Et j'avais beau hurler que j'étais la seule personne pour le soutenir, ils ne me répondaient que "Tu veux aussi mourir ?!". Sanae s'était mise à pleurer derrière moi, me suppliait de rester avec eux, de rester en vie.
- Dis Edwig, après on ira ensembles ? On ira voir le ciel le soir ? Les feux d'artifices ? Tu me montreras tes amis ? On ira voir un concert ensembles ? Et les montagnes ? On fera des avions en papier ? On mangera des gâteaux ? Tu me montreras les plaines si grandes et colorées au printemps ? On ira jouer du piano ensembles ? Tu me parleras des étoiles ? Dis Edwig... Est-ce qu'on sera heureux au moins ?
- T'inquiète pas... On fera tout ça... Tout ira bien...
- Dis Edwig... Est-ce qu'un jour, quelqu'un pourra me prendre dans ses bras et dire "Tout ira bien maintenant" ? Est-ce que je suis important pour quelqu'un ? Est-ce que je serai capable d'aimer aussi ? Dis Edwig, je veux aussi savoir...
- Je viendrai te chercher ! Tu verras ! Je t'apprendrai tout !
- Dis Edwig... Est-ce qu'un jour, quelqu'un pourra m'aimer ? Tu sais, c'est tout ce que je veux...
Je voulais lui crier "Mais on est ami ! Moi je t'aime ! On restera toujours amis !", mais les mots sont restés coincés dans ma gorge. J'ai juste chialé. Et je n'ai rien put dire.
Je m'en veux tellement...

Hinoe - 19 ans - Bourreau

On nous avait ordonné de torturer tous les Déchus sur nos Terres afin qu'ils rejoignent la Garde. La nouvelle purge de cette année nous a permis d'en trouver quelques uns, et aux frontières, on en a arraché quelques uns au Clan du Dragon. Plus nous serons nombreux, plus nous serons en mesure d'affronter les autres clans.
Nous inspectons chaque arrivant. Principalement des adultes en âges de se battre, quelques gamins... On décide d'éliminer les vieux, ils nous seront inutiles. Puis, nous cherchons à savoir quel Déchu est infecté ou non, pour savoir combien on en tuera aujourd'hui. Je n'ai pas spécialement envie de m'attacher aux victimes avant de les tuer, du coup, je laisse les autres trier. On sort cinq personnes du tas. Dont un gosse.
On me les amène, et on immobilise un premier devant moi, que j'égorge sans plus de cérémonie. Puis, vient le tour du gosse. Les autres n'osent pas me regarder, mais il me fixe droit dans les yeux. Il a regard qui crie qu'il veut vivre. Je l'ignore, ne m'en inquiète guère. Notre seule mission, c'est de tuer.
Pourtant, il soutient toujours mon regard, et ses yeux s'emplissent de larmes ocres.
- C'est triste de mourir... Vous avez encore tant de regrets...
Il tend sa main vers moi, un détenu s'interpose, et j'ai juste le temps de l'entendre suffoquer, incapable de réagir. Quelques secondes plus tard, le type s'écroule : étouffé. Le gamin n'a pas baissé sa main, il me pointe du doigt. J'ai peur, et mon épaule commence à me faire souffrir. Je m'empresse de bouger, remarquant que plus aucune douleur ne me traverse, et comprend alors qu'il faut que je sois dans son champ de "tir". Un pouvoir qui influe sur nous sans passer par le contact ? Il essaie encore de m'avoir, mes collègues se jettent sur lui. Il s'écroule, ne pouvant supporter la masse. Mais il me regarde toujours.
Il me fixe, de ses yeux vides.

Sam - 28 ans - Gardienne

J'ignore si il s'agit de la chance... Nous avons mis la main sur une Clef. Un enfant de treize ans, qui se trouvait parmi les Déchus. On voulait l'éliminer, étant donné qu'il était infecté, mais même si les Clefs se réincarnent, on n'aurait plus la main dessus.
On s'est contenté de l'enfermer et de l'attacher, et de tenter de le garder en vie, mais il était réfractaire à cela. Le couper des autres ne l'a pas tant que ça affecté. Il dépérissait à vu d’œil, et on avait l'impression que ça l'amusait : il se fichait de nous. On a donc décidé de l'intégrer au groupe de détention des jeunes criminels de la Garde, soit un des lieux les plus cruel de la Capitale. Les gamins ont vite compris, que la seule chose qu'il ne fallait pas faire, c'était tuer la Clef. Il fallait juste le considéré en tant que Déchu Infecté, sans jamais franchir la barrière.
Et puis, après lui avoir fait passer des tests médicaux pour nous assurer qu'il n'y avait rien d'autre de fâcheux à apprendre, on apprit qu'il était à moitié Immortel. Et nous avions perdu tout contrôle sur les détenus. Dès lors, il n'était même plus un être vivant à nos yeux...

Akem - 15 ans - Détenu

Je n'avais jamais aimé la violence, mais je n'avais jamais put lutter contre des bourreaux. Ici, je me faisais le plus petit possible, pour ne pas me faire violenter. Jusqu'à l'arrivée d'Ivy, on m'avait plusieurs fois humilié et frappé, mais maintenant, ils s'étaient tous tourné vers lui. Même si il n'était pas comme nous, je n'arrivais pas à le considérer comme quelque chose. Mais j'étais incapable d'intervenir.
Parfois, ils le coinçaient dans les toilettes, et le brulaient à la cigarette, ils l'empêchaient de manger, le blessait avec des bouts de verre brisé. Ils l'insultaient, lui crachait dessus, et il ne se plaignait pas. Le soir, il venait parfois récupérer des restes, histoire d'avaler quelque chose.
Ce soir-là, nous nous étions croisés. Par hasard. Je lui avais demandé, pourquoi il ne se défendait pas. Et c'est accompagné d'une espèce de grimace indescriptible, qu'il haussa simplement les épaules, prononçant des paroles que j'aurais préféré ne jamais entendre :
- Parce que ce n'est pas grave. Tant qu'ils ne font de mal à personne, ce n'est pas grave.
- Personne ? Mais tu es un être vivant comme nous, non ?
- Non. Je ne suis que ce que vous voulez que je devienne. Je deviendrai tout ce que vous voulez. Mais je n'existe pas.
En un mois, ils avaient réussi à détruire un être.

Alice - 19 ans - Détenue

Nous sommes tous réunis dans le réfectoire. La dame de cantine ne fait attention à aucun de nous, elle a bien trop peur. Bien que nous ne soyons ni armés, ni capables d'user de nos pouvoirs, nous demeurons dangereux. Et elle laisse faire.
Il ne pleure jamais, il se laisse simplement faire. Il y en toujours au fond pour ricaner tout le long : c'est vrai que c'est drôle. Depuis qu'on a malencontreusement découvert qu'il avait des cicatrices, on le brûle souvent à cet endroit.
- Si tu te casses, ou te laisses pas faire, on frappe Akem, d'accord ?
J'empoigne le dit Akem, qui frémit, les larmes aux yeux. La seule chose qui marche sur Ivy, c'est de menacer les autres. On peut presque lui faire ce qu'on veut, il n'en a rien à faire... Mais si il s'agit de frapper les autres...
J'oblige Akem à rester, à regarder. Lui, il est horrifié. Parce que ce que Zes fait maintenant -à savoir taguer au cutter le dos d'Ivy-, cela lui semble anormal. Pour nous c'est mérité. Ouais, c'est mérité. C'est juste mérité.

Akem - 16 ans

Cela fait un an et demi que ça dure. On a essayé de recommencer à me harceler, mais Ivy me protège toujours. Si il se bat, c'est seulement pour protéger les plus jeunes... Alors que de nous tous, il est celui qu'on devrait le plus protéger...
Il est plus petit, plus chétif que nous, mais il se bat mieux que n'importe qui. Le seul moyen de l'arrêter, c'est de menacer quelqu'un d'autre, sinon, il est imbattable.
Parmi les victimes, il est devenu notre modèle. Il ne pleure pas, et il se bat. Tout cela quand bien même toutes ces cicatrices et insultes se multiplient, gravées dans sa chair, quand bien même les brûlures à la cigarette, et les humiliations en public. Parce qu'Ivy il ne pleure pas. On ne sait pas comment. Et même si il est bizarre, avec nous il reste si gentil... Juste le regarder nous fait réaliser que c'est un enfant. Il a toujours un visage rond, entouré par cette chevelure rousse bouclée, qui lui donne un air tellement juvénile et innocent, qu'on ne saurait ce qu'il fiche ici. Parfois, on aimerait le voir sourire...
Cet après-midi, pendant les heures de rééducation par la Garde, en m'absentant aux toilettes, j'ai aperçut Ivy. Il sèche sûrement. J'aimerais l'interpeller, mais il y a quelque chose qui cloche. Ivy ne pleure jamais. Alors pourquoi est-ce qu'il reste recroquevillé ainsi, à sangloter, marmonnant entre ses hoquets...? Peut être que j'oublie quelque chose d'important...
- Désolé Edwig... Je ne suis pas fort... Désolé... Désolé... Je peux pas me faire pardonner. Pourquoi je suis si faible ? J'en peux plus... J'ai peur... gémit t-il tout bas.
Près de lui, il y a du verre brisé. Et sur le sol du sang. Ses poignets sont couverts d'entailles encore toutes fraîches.
J'oublie toujours une chose important : Ivy n'est pas un héros. Ce n'est qu'un enfant de quatorze ans : et il est tout seul.


Akem - 16 ans

Ivy n'est pas venu de la journée. Ce matin, il était tellement malade, qu'il s'est à nouveau évanouie. Il ne demande jamais d'aide, et il le paie toujours très cher. Malgré tout, il s'accroche toujours, et revient dès qu'il se réveille : c'est à dire avant la fin de la journée.
Je vais donc à l'infirmerie, pour voir si ils l'ont gardé. Je frappe à la porte, entre. L'infirmière me jette un sourire gêné, s'en va. J'aperçois quelques aînés. Ils sont déjà là ?
- Tiens Akem, tu tombes bien. On allait s'amuser sans toi !
Ils ont fait tomber Ivy par terre. Celui-ci hoquette, incapable de se défendre, affaiblie par la fièvre, et puis... Il s'est encore scarifié...
- Il a essayé d'encore se suicider. Vu que c'était trop lent, il allait se couper la gorge. On l'a sauvé du coup. Tu veux pas profiter de notre récompense avec nous ? Tu vas adorer, allez...
Je ne sais pas de quoi ils parlent. Je sais juste qu'Ivy ne peut pas leur faire face, qu'ils l'empêchent de fuir, en se servant de moi comme nouveau moyen de pression. Je sais que je ne pourrai pas fuir, je ne suis pas aussi rapide qu'eux...
- D'accord, si c'est drôle...
Le reste est allé trop vite. Ce n'est pas drôle. Je sais juste que ce n'est vraiment pas drôle. Non, je suis terrorisé, dégoûté, gêné, honteux. Je n'ose pas intervenir, je suis trop effrayé pour fuir, et mes yeux ne peuvent plus quitter la scène des yeux. Je peux juste me permettre de voir. Voir et entendre.
- T'inquiète Akem, il aime ça. Toute façon, t'as bien vu le physique qu'il a, ça doit être son tripe.
J'ai envie de vomir. Ivy n'ose plus me regarder, je crois qu'il a trop mal. Ouais, trop mal... Trop honte. Ils lui ont tout volé. Même le peu de fierté qu'il pouvait avoir. Et devant moi, ils ne se retiennent même pas. Ils se montrent aussi bestiaux qu'ils sont. Ces êtres dégoûtants. Ils le frappent, le violent, l'insultent, le menacent. Il pleure au début, puis, n'ose plus émettre un son.
- Tu peux faire confiance à personne, pas même ton pote là. il viendra jamais t'aider ! T'es rien pour lui ni personne ! T'es tellement idiot, que tout le monde te trahiras ! Tu ferais mieux d'aller te suicider juste après ! Les chiens comme toi, ils devraient mourir ! crient ils en boucle.
Je ne peux plus me retenir, et vomis. Je peux plus voir, je peux plus entendre. Je tremble, prend ma tête entre mes mains. Et ils continuent. Ils continuent.
Puis, tout s'arrête. Je relève les yeux, croise son regard. Il supplie, sa voix se brise, il n'a même plus les larmes pour pleurer.
- De quoi tu t'plains ? On t'aime Ivy. Tu devrais être heureux de coucher avec nous. Tu devrais être honoré, d'être promu au rang de sous-merde.
Je me lève. J'ai envie de les frapper. Je m'approche, l'un d'eux m'attrape par le col. Je croise le regard d'une fille dans le lot, qui me toise de haut. Pourquoi ? C'est moi qui devrait les regarder d'en haut, ces sales... Je reçois un coup dans le ventre, ils essaient de me déshabiller.
- Allez, toi aussi tu le violes, ou nous on te viole toi.
J'ai choisi la première option sans hésiter.

Zes - 20 ans

Ivy est à bout. Dans le sens que si on le surveille pas une seconde, il va se charcuter les veines. Il dit toujours qu'il ne nous en veux pas, que c'est de sa faute. C'est un peu de sa faute en même temps. La dernière fois qu'on l'a violé, avec l'aide d'Akem, il n'a pas put se lever le lendemain, mais il ne s'est pas plaint. C'est de sa faute. Il n'avait qu'à pas être aussi faible.
Je suis assis à côté de lui. Il s'est éloigné aussi loin qu'il a put, tremblant légèrement.
- Edwig, il dit toujours que quoi qu'il arrive, je ne dois pas blesser les autres... Et 717 disait... Que tout était de ma faute... Alors, tout est de ma faute ?
- Ouais, et ça le sera toujours... Ce n'est que de ta faute. Tu n'aurais jamais dut exister...
Il ferme les yeux, baisse la tête, ses mèches rousses cachant ses yeux. On doit juste veiller à ce qu'il se tue pas. C'est tout. Rien ne nous empêche de l'emmener à la limite.
C'est ce moment là qu'Alice choisit pour balancer Akem sur le sol, le rouant de coup en l'insultant. Il se lève automatiquement, nous nous mettons à plusieurs pour l'attraper. Il se débat pour aller protéger ce type. Je comprends rien à sa logique... Akem l'a trahit, l'a violé, et n'a rien cafté aux adultes. Pourquoi le protéger ?
Il se détache de nous, pointe son index droit sur nous. J'échappe de justesse à son pouvoir, tandis qu'il attrape Akem, après avoir filé un violent coup de pied dans la nuque d'Alice, qu'on a entendu craquer. Je m'apprête à à nouveau à l'attraper, tandis que son index se colle entre mes deux yeux.
- Vraiment désolé... Je suis vraiment désolé...

Edwig - 18 ans

J'ai besoin d'argent. J'ai désespérément besoin d'argent. C'était plus fort que moi : je suis retombé dans la drogue. Et je suis prêt à tout pour en avoir. On me charge maintenant de tuer en échange de petits cachets. J'ai accepté sans plus de délais.
Je fixe la petite feuille que j'ai entre les mains. Je dois tuer un assassin, qui sévit dans le quartier, et a pris la vie à toute une famille chargée de la Section de Recherches sur les Immortels. C'est inhumain... Il ne me tarde plus que d'une chose : éliminer de mes mains cette pourriture.
Avec moi, j'ai mon client, qui pourra m'indiquer la cible si elle est en vue. En arrivant dans une ruelle, je reconnais une silhouette que je connaît bien. Vêtu de vêtements trop grands, toujours trop petit pour son âge, avec la même tignasse rousse.
- Ivy ?
Il se tourne vers moi, et son regard s'allume en me reconnaissant. Il est affreusement maigre... J'ai mal pour lui... Mais il a échappé à la Garde... Comment ? Je l'ignore... Mon client semble s'affoler, et glapie "c'est lui, c'est lui".
- Mais c'est juste Ivy... C'est sûrement une erreur... tentais-je de me persuader.
L'homme me désigne le sachet de poudre dans son sac. Je me pince les lèvres, approche de mon ancien ami. Celui-ci recule, comme apeuré.
- Tu as tué des gens...?
- Oui...
Il ne répond rien de plus. J'aperçois le sachet de drogue, que l'homme a sortit de son sac. Pas de bons sentiments, hein ?
- Tu te souviens Ivy... Quoi qu'il arrive, on ne blesse jamais les autres...
Il hoche doucement la tête, tandis que je tire mon couteau. Il l'a vu, mais ne bouge pas.
- Tu as désobéi, alors tu vas gentiment te laisser mourir...
- Mais tu avais promis...
- Les promesses sont faîtes pour ne pas être tenues. Je suis pas ton ami Ivy. J'ai plus important que te laisser vivre, et t'avoir sur le dos. T'es un poids, tu comprends ?
Il recule encore, se mordant la lèvre. Des larmes se mettent à rouler sur ses joues pâles. Une trahison. C'est juste une trahison. Qui m'en voudra de l'avoir tué ? Allez, juste pour un peu de drogue. Il ne mérite pas de continuer à vivre.
Je l'attrape par la gorge, serre, il s'accroche à mes bras, me supplie de le lâcher. Il ne répète que des imbéciles comme "On est pas amis ? Tu m'as promis... S'il te plaît, me laisse pas.". Je n'attends pas plus de plaintes débiles plante mon arme dans son flanc, tandis qu'il commence à suffoquer. Puis, m'assurant que la plaie est assez profonde, je le laisse tomber sur le sol froid de la ruelle. Mon client me jette mon sachet de drogue.
Il lève les yeux vers moi, visiblement incapable de comprendre. Il ne comprendra donc jamais rien. La vie va juste le quitter, et il n'aura certainement jamais rien compris.
- Me laisse pas tout seul... S'il te plaît... Me laisse pas... gémit t-il.
- Désolé, y'a plus le temps pour les bons sentiments.
Je n'ai aucun scrupule à partir.

Esmée - 73 ans - Retraitée

Depuis que je l'ai trouvé mourant en revenant des courses, il n'a pas ouvert les yeux. Il cicatrise difficilement, et il y a eu plusieurs complications, que j'ai difficilement pallié avec mes pouvoirs. Ce gamin est beaucoup trop abimé. Il a dut trop tomber malade, son corps est faible... Et avec une cicatrisation aussi importante à faire, il sera de toute évidence incapable de survivre si on le relâchait maintenant.
J'ai essayé de le recoudre, mais ce n'est pas ce que j'arrive le mieux à faire depuis que j'ai perdu en partie la vue.
Je me suis posée dans ma chaise à bascule, à côté. Il a l'air jeune... Je me demande ce qui a put arriver.
Il ouvre enfin les yeux, me toise avec un regard vide. Puis, il jette un œil au bandage que je lui ai fait.
"Tu ne devrais pas y toucher, ce n'est pas encore complètement cicatrisé. Sinon, tu veux manger quoi ?"
Quelques secondes après, seulement, il fond en larme, en pouvant plus s'arrêter. Je ne comprends pas bien ce qui lui prend, mais il ne fait que bredouiller des excuses et des remerciements, entrecoupés de sanglots douloureux. Peut-être que je suis devenue trop vieille pour comprendre ce monde.
"Tu n'as pas à me remercier. Personne ne me rend visite, alors, ça me fait un peu de compagnie. Je ne suis pas encore si vieille, mais il semblerait que je sois déjà indésirable pour cette société... Mais tu sais, gamin, il y a quelque chose que j'ai appris de ma vie : même si la société te rejette, tu as toujours une mission. Tu dois la trouver."
Il ne me répond pas. Il écoute seulement, bien trop affecté pour parler.

Esmée - 73 ans

Quelques jours ont passé. J'ai pu enfin engagé une discussion avec lui. C'est un gentil garçon au final. Un peu fantasque, mais il a traversé une période compliquée... En tout cas assez pour finir ainsi dans une ruelle. Il m'a parlé d'Edwig, un camarade, celui qui a essayé de le tuer. Il n'en dit que du bien malgré ce qu'il a fait. Il dit qu'il veut protéger les autres, qu'il veut les rendre heureux.
Aujourd'hui, il semble déprimer. Il dit que ses rêves n'ont aucun sens, qu'il ne devrait pas en avoir. Il n'arrête pas de dire d'immondes choses sur lui-même. Il dit qu'il aimerait mourir, qu'il ne veut plus du pouvoir qu'il a, qu'il ne veut plus ressentir la douleur des autres parce qu'il est trop faible pour la supporter. Je ne sais pas quoi dire pour le réconforter. Demain, il sera partis.... Déjà... Je l'interromps donc :
- Demain... Il faudra que tu t'éloignes de la Capitale. Peu importe ce que tu penses de toi-même, moi je veux que tu vives au moins jusqu'à ce que tu sois dans ces endroits plus sûrs. A l'ouest et au sud, tu seras tranquille... Tu n'es pas obligé de t'allier à quelqu'un, suis juste tes idées...
- Merci... Mais... Je pense partir maintenant.
- Maintenant ?
- Je veux y aller. Je veux trouver un endroit où les gens seraient heureux... Et les protéger... C'est tout ce qui m'importe...
- Tu n'es pas encore guérit, c'est imprudent...
- Vous savez... Le temps qu'il me reste, je m'en fiche. Je veux juste savoir que quelque part, il y aura des personnes heureuses et en sécurité... Je veux faire de mon mieux pour tout le monde.
Oui, c'est vraiment un bon garçon. Dommage qu'il s'en aille si vite. Il s'est déjà levé. Il ne tient qu'à peine sur ses jambes. Je lui ai prêté des vêtements, mais ils sont trop grands pour lui. Malgré tout, il me remercie. J'ignore jusqu'où il ira.
O faîtes que cet enfant vive encore un peu... Ne le laissez pas rester tout seul pour le peu de temps qu'il lui reste...  
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Et il ne sait toujours pas compter...? ~ Ivy
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